Port-au-Prince, 25 octobre 2026. — L'identification des restes humains découverts dans le cadre des recherches des quatre militaires salvadoriens disparus à Croix-des-Bouquets continue de susciter des interrogations.

Samedi 24 octobre, le président du Salvador, Nayib Bukele, a publié sur le réseau social X des photographies de documents appartenant à un soldat tchadien de la Force de répression des gangs, après avoir contesté des informations selon lesquelles les dépouilles retrouvées seraient celles des quatre Salvadoriens.

Le chef de l'État salvadorien affirmait que les restes remis par une organisation humanitaire ne correspondaient pas à ses compatriotes.

Le soldat tchadien est vivant

Le militaire concerné, identifié par le média haïtien AyiboPost comme Sossal Kamis Alhadj, est toujours en vie.

Selon une enquête publiée le 24 octobre, le soldat a été blessé au cours d'opérations menées cette semaine, mais n'a pas perdu la vie.

Une vidéo qui lui est attribuée circule également, dans laquelle il affirme être vivant et explique avoir perdu ses documents d'identité lors de récents combats.

Toutefois, l'authenticité de cette vidéo et ses déclarations concernant l'absence de décès parmi les militaires tchadiens n'ont pas encore pu être vérifiées indépendamment.

Des documents d'identité retrouvés, mais aucune preuve de décès

La publication de Nayib Bukele avait alimenté les spéculations sur la possible présence d'un militaire tchadien parmi les victimes.

Le président salvadorien avait notamment évoqué la présence de documents d'identification et d'uniformes militaires étrangers parmi les éléments récupérés avec les restes humains.

Cependant, la découverte d'une pièce d'identité à proximité de dépouilles ne permet pas, à elle seule, d'établir l'identité d'une victime.

Les informations obtenues par AyiboPost confirment que le soldat tchadien dont les documents ont été rendus publics n'est pas décédé.

Le mystère demeure autour des quatre Salvadoriens

Cette révélation intervient alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les quatre techniciens militaires salvadoriens disparus le 18 octobre, après une attaque attribuée à des gangs armés dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets.

Selon Reuters, les restes humains remis aux forces salvadoriennes n'ont pas été identifiés comme appartenant aux quatre disparus.

La FRG poursuit les procédures d'identification, notamment à travers des examens médico-légaux et dentaires. L'état des restes rend ces investigations particulièrement complexes.

Des sources locales citées par AyiboPost avancent que les quatre Salvadoriens auraient péri dans l'incendie de leur véhicule. Cette version n'a cependant pas été confirmée indépendamment et demeure en contradiction avec certaines informations communiquées par les autorités salvadoriennes.

Une affaire sensible pour la mission internationale

Au-delà du sort des quatre militaires, cette affaire soulève des questions sur la circulation des informations et la protection des données personnelles des membres de la force multinationale.

La publication de documents appartenant à un militaire toujours vivant illustre les risques d'identifications prématurées dans un contexte d'affrontements armés.

Alors que la FRG poursuit ses opérations contre les gangs en Haïti, les autorités devront clarifier l'identité des personnes dont les restes ont été retrouvés et déterminer ce qu'il est réellement advenu des quatre Salvadoriens.