Port-au-Prince, 24 octobre 2026. — Le président du Salvador, Nayib Bukele, hausse le ton face aux groupes armés haïtiens et aux observateurs qui doutent de l'efficacité de son intervention militaire.

Dans une publication diffusée vendredi sur son compte X, le chef de l'État salvadorien a répondu à ceux qui estiment que les gangs haïtiens représentent un adversaire plus difficile à combattre que les organisations criminelles auxquelles ses forces ont été confrontées au Salvador.

« Nous n'avons jamais écouté ces critiques »

Bukele a notamment évoqué les avertissements selon lesquels les groupes armés haïtiens disposent d'armes puissantes, connaissent parfaitement le terrain et ont résisté à plusieurs interventions internationales.

Certains commentateurs ont même comparé les risques de cette opération à une possible défaite historique pour les forces salvadoriennes.

Le président a rejeté ces analyses, affirmant qu'il ne modifierait pas sa stratégie sous la pression des critiques.

Il a également assuré que les personnes qui doutent aujourd'hui de son intervention pourraient changer de discours si ses forces parvenaient à atteindre leurs objectifs.

Une référence religieuse pour défendre l'intervention

Dans son message, Bukele a particulièrement insisté sur les convictions religieuses des militaires engagés.

Il a affirmé que les soldats mobilisés étaient croyants et avaient confié leur mission à Dieu.

Le président salvadorien a également accusé les gangs haïtiens de pratiquer des sacrifices humains, sans présenter dans cette déclaration d'éléments permettant de vérifier cette accusation.

Il a conclu son intervention en affirmant que Dieu accorderait la victoire à ses forces, accompagnant son message d'une référence biblique au Deutéronome 28:7, qui évoque la défaite des ennemis.

Quatre militaires salvadoriens toujours recherchés

Cette déclaration intervient après la disparition de quatre techniciens militaires salvadoriens, membres de la Force de répression des gangs (GSF), à la suite d'une embuscade survenue le dimanche 18 octobre à Croix-des-Bouquets.

Les autorités salvadoriennes ont envoyé des renforts militaires en Haïti pour participer aux recherches, en coordination avec les forces internationales et la Police nationale d'Haïti.

Selon des informations publiées par le Wall Street Journal, le Salvador a mobilisé jusqu'à 200 militaires des forces spéciales pour cette opération.

À ce stade, aucune annonce officielle ne confirme la libération des quatre hommes.

Une intervention qui suscite des interrogations

Les déclarations de Bukele surviennent également dans un contexte de critiques exprimées par plusieurs personnalités dominicaines, notamment au sujet des risques d'une confrontation avec les gangs haïtiens.

Des spécialistes de la sécurité soulignent que les réalités territoriales, politiques et opérationnelles d'Haïti diffèrent de celles du Salvador.

Dans une analyse publiée par El País, Romain Le Cour, spécialiste de la violence en Haïti, s'interroge notamment sur les circonstances de l'embuscade et sur les conséquences humanitaires possibles des opérations militaires.

Pour le président salvadorien, ces réserves ne remettent cependant pas en cause sa détermination à poursuivre la mission.

Alors que les recherches se poursuivent à Croix-des-Bouquets, les déclarations de Nayib Bukele témoignent d'un durcissement de son discours. Reste à savoir si les opérations engagées permettront de retrouver les quatre militaires disparus et quels effets elles auront sur la situation sécuritaire dans les zones concernées.