Dajabón, 23 octobre 2026. — Les déclarations du maire dominicain Santiago Riverón, prononcées jeudi 22 octobre, suscitent l'attention dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes entre les gangs haïtiens et les forces internationales déployées dans le pays.
S'adressant directement au président du Salvador, Nayib Bukele, le responsable municipal a affirmé que la puissance militaire salvadorienne ne suffirait pas nécessairement à venir à bout des groupes armés opérant en Haïti.
Riverón a notamment déclaré, en espagnol, que Bukele pourrait envoyer la moitié de son armée et que ses hommes risqueraient d'être tués « comme des poulets ». Il a également employé des propos déshumanisants à l'égard des gangs haïtiens.
Une mise en garde après la disparition de quatre Salvadoriens
Les propos du maire interviennent après la disparition de quatre techniciens aéronautiques salvadoriens, membres d'une mission internationale de sécurité, à la suite d'une attaque armée survenue le 18 octobre dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets.
Face à cette situation, Nayib Bukele a exigé leur libération sans condition et annoncé une opération destinée à les retrouver.
Le Salvador a également déployé des unités des forces spéciales en Haïti pour participer aux recherches, selon l'Associated Press.
Riverón accuse également des responsables politiques et des entrepreneurs
Au-delà de son avertissement à Bukele, Santiago Riverón a accusé certains responsables politiques et entrepreneurs haïtiens et dominicains de tirer profit de l'insécurité.
Il a notamment affirmé que des acteurs économiques contribueraient au financement des gangs par l'achat d'armes et de munitions.
Ces accusations n'étaient toutefois accompagnées d'aucune preuve publiquement présentée ni de noms permettant d'identifier les personnes mises en cause. Elles doivent donc être considérées comme des allégations du maire, et non comme des faits établis.
Une intervention militaire aux enjeux considérables
Les déclarations du maire de Dajabón interviennent alors que les forces haïtiennes et internationales poursuivent leurs opérations dans la plaine du Cul-de-Sac.
Si Riverón estime que les groupes armés bénéficient d'une connaissance du terrain susceptible de compliquer les interventions militaires, cette appréciation ne constitue pas une évaluation officielle des capacités des forces salvadoriennes.
La disparition des quatre techniciens souligne néanmoins les risques auxquels sont confrontés les personnels engagés dans les opérations de sécurité en Haïti.
Alors que les recherches se poursuivent, les propos de Santiago Riverón alimentent le débat sur les difficultés d'une intervention militaire contre les gangs et sur les moyens nécessaires pour rétablir la sécurité dans le pays.
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