Des médiateurs entre Washington et Téhéran

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont communiqué par l’intermédiaire de médiateurs à New York.

Selon Reuters, il s’agit des premiers contacts de cette nature depuis l’échec, en juillet, d’un accord provisoire de cessez-le-feu. Les deux parties n’ont toutefois annoncé aucun changement majeur de leurs positions respectives.

Witkoff a indiqué que les médiateurs avaient fait la navette entre les délégations américaine et iranienne pendant les discussions. Les différentes parties ont toutefois donné des versions légèrement différentes sur la nature exacte des contacts, notamment sur l’existence d’une rencontre directe.

Trump croit désormais possible un accord

Le président américain Donald Trump s’est montré optimiste sur l’issue du processus.

Il a confirmé mardi que les discussions avec l’Iran se poursuivaient et déclaré penser qu’un règlement finirait par être trouvé.

Cette ouverture diplomatique contraste néanmoins avec le ton particulièrement menaçant employé par le président américain quelques heures auparavant devant l’Assemblée générale de l’ONU. Washington maintient notamment que l’Iran ne doit pas pouvoir disposer de l’arme nucléaire.

Le détroit d’Ormuz au cœur des négociations

L’un des dossiers les plus sensibles concerne le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour les exportations mondiales d'hydrocarbures.

Un haut responsable iranien a indiqué à Reuters que Téhéran pourrait rouvrir le détroit dans un délai de sept jours si les États-Unis réduisaient leur pression militaire et levaient le blocus imposé aux ports iraniens.

L'Iran affirme avoir transmis une proposition aux États-Unis par l'intermédiaire de médiateurs dès le 16 septembre. La délégation iranienne présente à New York disposerait d'un mandat lui permettant de poursuivre les discussions.

Téhéran réclame notamment une diminution de la pression militaire américaine et la levée du blocus naval. D'autres conditions évoquées dans les discussions comprennent la question des avoirs iraniens gelés et la cessation des hostilités.

Qatar et plusieurs pays de la région à la manœuvre

Cette reprise du dialogue intervient au terme d'importants efforts diplomatiques menés par plusieurs États de la région.

Le Qatar joue notamment un rôle de médiateur entre Washington et Téhéran. Doha travaille également avec le Pakistan pour favoriser une désescalade et préserver la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.

Des responsables d'Arabie saoudite, d'Égypte, du Pakistan et de Turquie ont parallèlement plaidé pour le dialogue et une solution diplomatique à la confrontation.

Une ouverture diplomatique encore fragile

La reprise des contacts ne signifie cependant pas qu'un accord soit imminent.

Reuters souligne qu'aucune des deux parties n'a, pour le moment, annoncé de modification substantielle de sa position. Les discussions se déroulent en outre dans un environnement marqué par des menaces militaires persistantes de part et d'autre.

Le président iranien Masoud Pezeshkian, arrivé à New York pour participer à l'Assemblée générale, ne prévoit pas, à ce stade, de rencontre avec Donald Trump.

La poursuite des discussions dans les prochains jours permettra donc de déterminer si cette reprise du dialogue peut déboucher sur un véritable processus de désescalade ou si elle restera limitée à des échanges par intermédiaires.

Pour les marchés internationaux comme pour les pays de la région, le sort du détroit d'Ormuz constituera l'un des principaux indicateurs à surveiller, tant son fonctionnement est étroitement lié à la sécurité énergétique mondiale.

Rubrique : International → Moyen-Orient / Diplomatie

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