Port-au-Prince, 2 novembre 2026 — Lambi News
De graves accusations contre les forces salvadoriennes
Une nouvelle controverse entoure la présence militaire salvadorienne en Haïti. L'Association des Nations unies-Haïti (UNA-Haïti), une organisation indépendante de l'ONU, a adressé une lettre ouverte au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dénonçant de présumées opérations militaires contre des populations civiles.
Dans cette correspondance, l'organisation évoque des bombardements aériens, des interventions d'hélicoptères armés et l'utilisation d'armes lourdes dans plusieurs secteurs proches de Port-au-Prince, notamment Croix-des-Bouquets, Canaan et la plaine du Cul-de-Sac.
Elle réclame une enquête sur d'éventuelles victimes civiles, dont des enfants.
Ces accusations n'ont toutefois pas été vérifiées de manière indépendante.
Bukele rejette catégoriquement les accusations
Dans une publication diffusée le samedi 31 octobre sur le réseau social X, Nayib Bukele a contesté la crédibilité des accusations visant ses militaires.
Le président salvadorien affirme que son contingent ne dispose même pas de bombes et que les hélicoptères de combat de son pays ne sont arrivés en Haïti que le 29 octobre.
Selon lui, ces appareils n'avaient encore effectué aucune mission au moment de sa déclaration.
Bukele souligne ainsi une contradiction chronologique entre les opérations alléguées, qui auraient commencé le 22 octobre, et l'arrivée des hélicoptères salvadoriens.
Le dirigeant est allé plus loin en accusant certaines organisations non gouvernementales de diffuser de fausses informations et de défendre indirectement les intérêts de réseaux criminels.
Ces accusations contre les ONG relèvent de ses déclarations et ne constituent pas des conclusions établies par une enquête indépendante.
La Force de répression des gangs apporte également un démenti
La Force de répression des gangs (FRG) a également réagi aux accusations concernant l'utilisation d'explosifs et les bombardements aériens.
Dans une communication relayée le 1er novembre, elle affirme ne pas employer d'engins explosifs dans ses opérations. Elle précise que cette position concerne également les militaires salvadoriens et les aéronefs placés sous son commandement.
La force internationale assure respecter ses règles d'engagement et les normes relatives à la protection des populations civiles.
Ces démentis ne dispensent toutefois pas les autorités compétentes de vérifier les accusations et d'établir les faits.
Une intervention militaire dans un climat de fortes tensions
La polémique intervient après la disparition de quatre techniciens militaires salvadoriens, le 18 octobre, à la suite d'une attaque attribuée à des groupes armés dans la zone de Croix-des-Bouquets.
Le président Bukele a ordonné le renforcement de la présence salvadorienne afin de retrouver ses compatriotes.
Selon les informations rapportées par Reuters, environ 2 000 militaires salvadoriens ont été déployés en Haïti dans le cadre de cette opération, dont l'ampleur soulève des interrogations sur les règles d'engagement et la protection des civils.
Cette mobilisation intervient alors que les groupes armés continuent de représenter une menace majeure pour la sécurité des habitants et le fonctionnement des institutions haïtiennes.
Entre lutte contre les gangs et protection des populations
La controverse met en évidence les défis auxquels sont confrontées les forces engagées contre les groupes criminels en Haïti.
Si le rétablissement de la sécurité constitue une nécessité pour la population, les opérations militaires doivent également respecter les obligations relatives aux droits humains et à la protection des civils.
Pour l'heure, aucune vérification indépendante consultée ne permet d'établir que les forces salvadoriennes ont effectué les bombardements dénoncés par UNA-Haïti.
L'enjeu demeure donc de faire toute la lumière sur ces accusations, sans confondre dénonciations, démentis officiels et faits démontrés.
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