Port-au-Prince, 30 octobre 2026.— L'intervention militaire salvadorienne en Haïti pourrait entrer dans une nouvelle phase. Selon une enquête exclusive publiée vendredi par Axios, le président américain Donald Trump aurait donné son feu vert à Nayib Bukele pour poursuivre et renforcer son opération contre les gangs armés.
Lors d'une conversation téléphonique mardi, Bukele aurait cherché à s'assurer que Washington ne s'opposerait pas à une importante escalade militaire sur le territoire haïtien.
« Faites ce que vous avez à faire », lui aurait répondu Donald Trump, selon des sources informées de cet échange et citées par Axios.
Une opération qui pourrait encore prendre de l'ampleur
L'intervention salvadorienne a été intensifiée après la disparition de quatre techniciens militaires du Salvador, le 18 octobre, lors d'une embuscade dans une zone contrôlée par des gangs près de Port-au-Prince.
Selon Reuters, environ 2 000 militaires salvadoriens étaient déjà présents en Haïti mercredi soir. Des sources consultées par l'agence évoquaient alors un plafond provisoire de 2 500 soldats.
Toutefois, Axios rapporte que les effectifs pourraient encore augmenter considérablement, certaines sources évoquant la possibilité de doubler ou de tripler le contingent annoncé.
Aucune confirmation officielle d'un tel renforcement supplémentaire n'a cependant été publiée.
Une opération qui pourrait devenir sanglante
D'après Axios, Bukele aurait assuré à Donald Trump qu'il était convaincu de pouvoir mener sa mission à bien, tout en reconnaissant que l'intervention pourrait devenir difficile et violente.
Cette perspective intervient dans un contexte où les opérations contre les gangs se déroulent dans des quartiers densément peuplés, exposant directement les civils aux affrontements.
L'ampleur des moyens militaires mobilisés, les règles d'engagement et la coordination avec les forces haïtiennes restent des questions majeures.
Washington en soutien, mais jusqu'où ?
L'enquête d'Axios révèle également des divergences au sein de l'administration américaine concernant la stratégie à adopter en Haïti.
Le secrétaire d'État Marco Rubio aurait exprimé des réserves sur une intervention salvadorienne plus large, tandis que Donald Trump aurait adopté une position plus favorable à l'initiative de Bukele.
Le média évoque aussi le rôle potentiel de l'entreprise privée de sécurité Vectus Global, dirigée par Erik Prince, dans un environnement opérationnel où interviennent déjà les forces haïtiennes et la Force de répression des gangs soutenue par les Nations unies.
Le soutien politique attribué à Trump ne constitue toutefois pas, à lui seul, la preuve d'un nouvel engagement militaire direct des États-Unis.
Haïti face aux conséquences d'une nouvelle escalade
Si les renforts salvadoriens peuvent accroître la pression sur les groupes armés, leur déploiement pose également des questions concernant la souveraineté haïtienne, la protection des civils et les responsabilités des différentes forces engagées.
L'objectif immédiat affiché par Bukele demeure la recherche de ses quatre militaires disparus. Mais l'importance du dispositif mobilisé alimente les interrogations sur la durée et la portée réelle de l'intervention.
Avec le soutien politique que lui attribue Axios, Nayib Bukele pourrait disposer d'une marge de manœuvre supplémentaire pour poursuivre son opération en Haïti. Reste à savoir si cette intensification permettra de retrouver les militaires disparus et de réduire la violence des gangs, sans provoquer de nouvelles pertes parmi les populations civiles.
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