Port-au-Prince, 7 novembre 2026. — L'annonce a été faite vendredi par le vice-président salvadorien Félix Ulloa, dans une interview accordée à l'agence espagnole EFE.

Le chef du gouvernement haïtien doit participer à une conférence internationale consacrée à l'état de la démocratie. Cette occasion permettra également aux deux gouvernements d'aborder l'avenir de leur coopération militaire.

Le maintien des soldats salvadoriens au cœur des discussions

Selon Félix Ulloa, aucune date n'a encore été fixée pour le retour des militaires salvadoriens actuellement présents en Haïti.

Le vice-président a confirmé que la visite de Fils-Aimé offrirait l'occasion d'examiner la poursuite de leur mission, alors que les opérations se concentrent notamment dans la région de Croix-des-Bouquets.

Cette rencontre pourrait ainsi permettre de préciser la durée, les objectifs et les modalités de la présence militaire salvadorienne.

Une intervention déclenchée après la disparition de quatre Salvadoriens

Le renforcement du dispositif militaire salvadorien fait suite à une embuscade survenue le 18 octobre dans la zone de Santo, à Croix-des-Bouquets.

Quatre techniciens aéronautiques salvadoriens avaient alors été portés disparus après l'attaque d'un véhicule lié à la Force de répression des gangs.

En réaction, le président Nayib Bukele a ordonné l'envoi de renforts militaires, comprenant notamment des forces spéciales, des véhicules blindés et des moyens d'appui aérien.

L'objectif initial annoncé était de retrouver les quatre ressortissants disparus. L'intervention s'est ensuite accompagnée d'opérations contre les groupes armés présents dans la zone. 

Le Salvador affirme obtenir des résultats contre les gangs

Félix Ulloa soutient que les interventions de ses militaires ont permis de faire reculer des groupes armés à Croix-des-Bouquets.

Il a notamment évoqué les démarches du chef de gang Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », auprès des Nations unies pour solliciter une médiation.

Pour le vice-président salvadorien, cette initiative témoignerait de la pression exercée sur les organisations criminelles.

Toutefois, aucun bilan indépendant détaillé ne permet encore d'évaluer l'ensemble des résultats militaires revendiqués par San Salvador.

Des interrogations sur le cadre juridique de l'intervention

Malgré les déclarations favorables à l'opération, la présence des troupes salvadoriennes suscite des interrogations concernant leur commandement, leurs règles d'engagement et leur coordination avec les forces haïtiennes.

Selon l'Associated Press, les Nations unies ont précisé qu'une grande partie des militaires salvadoriens récemment déployés n'opéraient pas dans le cadre de la force multinationale soutenue par l'ONU.

Le Premier ministre Fils-Aimé a pour sa part affirmé que les forces étrangères devaient soutenir l'État haïtien et non se substituer à ses institutions.

Une rencontre importante pour la coopération sécuritaire

Les discussions prévues les 16 et 17 novembre pourraient permettre aux autorités haïtiennes et salvadoriennes de clarifier leurs engagements respectifs.

Plusieurs questions restent ouvertes : combien de temps les troupes salvadoriennes demeureront-elles en Haïti ? Sous quel commandement poursuivront-elles leurs opérations ? Et quelles garanties encadreront la protection des populations civiles ?

À ce stade, aucun accord sur un retrait ou une prolongation de la mission n'a été annoncé. La rencontre attendue au Salvador devrait apporter de nouvelles précisions sur l'avenir de cette coopération militaire.