Selon l’Office national de la migration (ONM), cité par HRW, plus de 450 personnes ont été expulsées des États-Unis vers Haïti depuis juillet. Entre le 20 août et le 17 septembre, cinq vols hebdomadaires consécutifs ont transporté 474 personnes vers Cap-Haïtien, marquant une nette accélération des retours.

Pour documenter la situation, Human Rights Watch s’est rendue au Cap-Haïtien du 24 au 30 août et a interrogé 44 personnes expulsées. Plusieurs avaient vécu aux États-Unis pendant des années et y avaient laissé conjoint, enfants ou autres proches. Certaines ont également affirmé que leurs démarches d’asile ou de régularisation étaient encore en cours lorsqu’elles ont été expulsées.

À leur arrivée, les personnes renvoyées reçoivent notamment un repas, une boisson et 10 000 gourdes d’aide, soit environ 77 dollars américains. HRW souligne cependant l’absence de dispositif durable pour leur fournir hébergement, soins, transport sécurisé ou accompagnement à la réinsertion. 

La situation est d’autant plus préoccupante que les vols atterrissent actuellement au Cap-Haïtien, Port-au-Prince étant considéré comme trop dangereux pour ces opérations aériennes. Les autorités haïtiennes interrogées par HRW affirment manquer de personnel, d’infrastructures et de ressources pour accueillir un nombre croissant de personnes expulsées.

Human Rights Watch demande ainsi à Washington de mettre fin aux déportations vers Haïti tant que les conditions générales ne permettent pas des retours sûrs. L’organisation appelle également à garantir aux ressortissants haïtiens les procédures et recours prévus par le droit américain avant toute expulsion. 


Source : Rapport de Human Rights Watch — 21 septembre 2026