Port-au-Prince, 7 novembre 2026. — Des manifestations ont été organisées vendredi 6 novembre dans plusieurs régions d'Haïti pour soutenir les opérations des forces salvadoriennes engagées contre les groupes armés.

De la capitale à Jérémie, en passant par Belladère, Jacmel et d'autres localités, des citoyens ont exprimé leur lassitude face à l'insécurité et demandé une réponse plus ferme contre les organisations criminelles. 

« Pas de négociation avec les gangs ! »

Dans les rues de Port-au-Prince, des manifestants ont rejeté l'idée de négociations avec les chefs de gangs, estimant que les autorités doivent d'abord rétablir la sécurité et permettre aux populations déplacées de regagner leurs quartiers.

Cette mobilisation intervient au moment où le groupe armé 400 Mawozo, dirigé par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », affirme avoir pris contact avec la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR).

Selon l'Associated Press, la commission a confirmé avoir été approchée, sans annoncer l'ouverture de négociations officielles. 

Nayib Bukele acclamé par des manifestants

Le président salvadorien Nayib Bukele bénéficie d'un soutien visible parmi les participants à ces rassemblements.

Certains manifestants ont exprimé leur reconnaissance envers les militaires salvadoriens, tandis que d'autres ont réclamé l'intensification des interventions contre les gangs.

Selon l'agence EFE, plusieurs personnes déplacées par les violences ont participé aux manifestations. Certaines ont raconté avoir perdu leur maison, leurs activités économiques et leurs moyens de subsistance.

À Jérémie, des participants ont également organisé des rassemblements accompagnés de musique traditionnelle pour exprimer leur soutien à Bukele.

Une population divisée sur les moyens de sortir de la crise

Ces manifestations illustrent le soutien d'une partie des Haïtiens à une réponse sécuritaire renforcée. Elles ne permettent toutefois pas de conclure que l'ensemble de la population partage cette position.

Le déploiement des militaires salvadoriens soulève également des interrogations concernant leur cadre juridique, leur commandement et la protection des civils pendant les opérations.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a rappelé que les forces étrangères doivent soutenir les institutions haïtiennes, sans se substituer à l'État. 

La sécurité au cœur des revendications

Au-delà des slogans favorables à Nayib Bukele, les manifestations traduisent les attentes de citoyens confrontés depuis plusieurs années aux enlèvements, aux assassinats, aux déplacements forcés et à la paralysie de nombreuses activités économiques.

Pour ces manifestants, le retour de la sécurité constitue une priorité immédiate.

Alors que certains groupes armés sollicitent désormais le dialogue, la question des conditions d'un éventuel désarmement et du respect des droits des victimes demeure entière.

Entre la pression militaire, les appels à la négociation et les revendications populaires, les autorités haïtiennes font face à des choix déterminants pour l'avenir de la sécurité nationale.