Port-au-Prince, 7 novembre 2026. — Le gang 400 Mawozo a pris contact avec la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (CNDDR) afin d'explorer la possibilité d'un dialogue avec l'État haïtien.
Selon l'Associated Press, qui a obtenu une déclaration de trois pages du groupe armé, cette initiative viserait à favoriser la paix, la stabilité et la réconciliation nationale. La commission a confirmé avoir été contactée par une personne agissant au nom du groupe, sans annoncer l'ouverture officielle de négociations.
400 Mawozo cherche une issue par le dialogue
Dans sa déclaration, le groupe armé affirme que sa démarche ne doit pas être interprétée comme une capitulation. Il présente plutôt le dialogue comme un moyen de réduire les violences et de protéger les populations civiles.
Un représentant de 400 Mawozo, interrogé par l'Associated Press, a indiqué que l'organisation était disposée à participer à des négociations de paix, tout en soulignant que le désarmement devrait s'inscrire dans un processus progressif.
Le groupe réclame également une suspension de certaines opérations militaires dans les zones concernées pendant d'éventuelles discussions. Aucune autorité haïtienne n'a cependant annoncé accepter cette condition.
Une démarche sous la pression des opérations militaires
Cette initiative intervient alors que les forces de sécurité haïtiennes, appuyées par des contingents étrangers, poursuivent leurs interventions contre les groupes armés.
À Croix-des-Bouquets et dans plusieurs secteurs de la Plaine du Cul-de-Sac, la présence des forces engagées dans les opérations de sécurité accentue la pression sur les organisations criminelles.
Le déploiement de militaires salvadoriens, après la disparition de quatre techniciens de l'aviation salvadorienne en octobre, a également modifié le contexte sécuritaire.
Dans ce climat, Wilson Joseph avait déjà adressé une correspondance au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, pour solliciter une médiation internationale. L'ONU a confirmé avoir reçu cette lettre, tout en précisant que sa réception ne constituait ni une reconnaissance du groupe ni une acceptation de négociations.
La Commission nationale de désarmement fixe ses conditions
Face à cette démarche, la CNDDR a rappelé que toute discussion avec des groupes armés doit respecter les orientations définies par le gouvernement.
Cette précision signifie que la prise de contact ne constitue pas, à elle seule, un accord de paix ou l'ouverture d'un processus officiel de négociation.
La question demeure particulièrement sensible en Haïti, où les gangs sont accusés de graves violations des droits humains, notamment d'enlèvements, de meurtres et de violences sexuelles.
400 Mawozo figure parmi les organisations visées par ces accusations. Son chef, Wilson Joseph, fait également l'objet de sanctions internationales.
Dialogue ou stratégie pour desserrer l'étau militaire ?
La démarche de 400 Mawozo soulève une interrogation centrale : s'agit-il d'une volonté réelle de déposer les armes ou d'une tentative d'obtenir un répit face à l'intensification des opérations sécuritaires ?
À ce stade, aucun élément indépendant ne permet de déterminer les motivations réelles du groupe.
La demande de suspension de certaines opérations militaires pourrait toutefois devenir un point de désaccord important avec les autorités, dont l'objectif déclaré reste le rétablissement de la sécurité et de l'autorité de l'État.
Pour les populations de Croix-des-Bouquets et des zones environnantes, l'enjeu essentiel demeure la fin des violences, la protection des civils et le retour à une vie normale.
La prise de contact avec la CNDDR marque une nouvelle démarche de 400 Mawozo, mais elle ne signifie ni reddition, ni désarmement effectif, ni accord conclu avec l'État haïtien.
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