La déclaration commune a été présentée aux Nations unies par le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdullatif bin Rashid Al Zayani. Selon Reuters, les pays signataires comprennent notamment des États arabes du Golfe ainsi que de grandes puissances occidentales. 

Une pression internationale accrue sur Téhéran

Dans leur déclaration, les signataires estiment que les actions iraniennes dans le détroit continuent de menacer la sécurité internationale ainsi que les droits et libertés de navigation. Ils demandent donc que cette voie maritime soit rouverte de manière urgente. 

Le détroit d’Ormuz occupe une position stratégique entre l’Iran et la péninsule arabique. Les perturbations de la navigation dans cette zone ont des conséquences qui dépassent largement le Moyen-Orient, en particulier pour les approvisionnements énergétiques et les échanges commerciaux internationaux.

La situation fait déjà l’objet d’intenses négociations régionales. L’Iran et Oman ont notamment engagé des consultations sur les conditions permettant un passage sécurisé des navires. Ces discussions n’avaient toutefois pas débouché sur une réouverture immédiate du détroit.

Les Houthis également visés

La déclaration ne se limite pas à l’Iran. Les quelque 80 pays condamnent également la reprise des combats au Yémen par les Houthis, leurs frappes contre l’Arabie saoudite ainsi que leurs attaques en mer Rouge.

Les signataires s’inquiètent particulièrement de l'avancée des forces houthies en direction du détroit de Bab el-Mandeb, autre passage maritime majeur reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Selon eux, une aggravation de la situation dans cette zone augmenterait encore les risques pour la navigation, la sécurité maritime et le commerce mondial.

La situation place ainsi simultanément sous tension deux corridors maritimes essentiels : Ormuz et Bab el-Mandeb.

Téhéran et les Houthis défendent leur position

L’Iran et les Houthis présentent de leur côté leurs actions comme relevant de leur défense dans le contexte du conflit régional. Cette position contraste directement avec celle des pays ayant signé la déclaration présentée aux Nations unies. 

Téhéran avait auparavant proposé des discussions régionales sur le passage des navires par Ormuz. L’Iran affirme que la sécurité du Moyen-Orient doit être garantie par les États de la région plutôt que par des puissances extérieures.

Un enjeu qui dépasse le Moyen-Orient

Au-delà de la confrontation diplomatique, la crise d’Ormuz représente un enjeu économique international. Une perturbation prolongée de la navigation peut affecter les chaînes d’approvisionnement, les coûts du transport maritime ainsi que les marchés pétroliers et gaziers.

La déclaration de quelque 80 pays marque donc une nouvelle étape diplomatique : la pression pour restaurer la liberté de navigation dans le détroit est désormais portée collectivement à la tribune des Nations unies.