Selon les informations communiquées à l'Agence France-Presse (AFP), entre 150 et 200 magasins Intermarché et près d'une centaine de points de vente de Coopérative U ont été touchés. D'autres enseignes pourraient également être concernées.

Des réfrigérateurs transformés en véritables fours

Contrairement aux cyberattaques classiques, qui visent généralement à voler des données ou à bloquer des systèmes informatiques, cette opération s'est attaquée directement aux équipements nécessaires à la conservation des aliments.

D'après les premières investigations rapportées par plusieurs médias français, les pirates auraient réussi à modifier à distance les paramètres de régulation des installations frigorifiques.

Le système de dégivrage automatique aurait été détourné pour provoquer un réchauffement continu des équipements. Dans certains magasins, les températures programmées auraient atteint 50 °C.

Cette manipulation aurait entraîné une rupture prolongée de la chaîne du froid, rendant impropres à la commercialisation de nombreux produits alimentaires.

Des quantités importantes de nourriture détruites

Les conséquences économiques et sanitaires sont considérables pour les magasins concernés.

Viandes, poissons, produits laitiers, aliments surgelés et autres marchandises nécessitant une conservation à basse température ont dû être retirés des rayons.

Intermarché a confirmé que les établissements affectés seraient contraints de jeter les produits frais et surgelés dont les conditions de conservation ne pouvaient plus être garanties.

Au-delà des pertes financières, cette destruction massive de denrées alimentaires soulève également des préoccupations concernant le gaspillage.

Le montant total du préjudice n'a pas encore été établi.

Plusieurs grandes enseignes concernées

Intermarché et Coopérative U ont officiellement reconnu avoir été victimes de cette cyberattaque.

Le président de Coopérative U, Dominique Schelcher, a confirmé que plusieurs magasins de son réseau avaient subi des perturbations de leurs installations de production de froid.

Il a dénoncé une attaque d'une gravité exceptionnelle, visant des équipements indispensables à l'approvisionnement alimentaire.

Des informations de presse évoquent également des incidents dans des magasins E.Leclerc. Cette enseigne n'avait toutefois pas confirmé officiellement son implication au moment des premiers signalements.

Les équipes techniques des distributeurs, accompagnées de spécialistes des installations frigorifiques, sont mobilisées pour rétablir les systèmes touchés.

Une enquête judiciaire ouverte à Paris

Face à l'ampleur de l'incident, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Les investigations doivent permettre d'identifier les auteurs de l'attaque, de comprendre les mécanismes techniques utilisés et de déterminer l'étendue réelle des dégâts.

Les enquêteurs cherchent également à établir les liens éventuels entre les différents magasins touchés.

À ce stade, aucune attribution officielle de cette cyberattaque à un groupe criminel ou à un acteur étatique n'a été annoncée.

Une nouvelle menace pour les infrastructures du quotidien

Cet incident met en évidence une forme particulièrement préoccupante de cybercriminalité : les attaques informatiques capables de provoquer des dommages matériels dans le monde réel.

Les équipements frigorifiques, les systèmes de climatisation, les installations industrielles et les réseaux de distribution utilisent de plus en plus des dispositifs connectés permettant leur surveillance et leur gestion à distance.

Lorsque ces systèmes sont insuffisamment protégés, leur compromission peut entraîner des conséquences dépassant largement le domaine informatique.

Pour les spécialistes de la cybersécurité, la protection des équipements industriels connectés devient donc un enjeu majeur, notamment dans les secteurs de l'alimentation, de l'énergie et de la santé.

Alors que les investigations se poursuivent, cette cyberattaque rappelle que les infrastructures les plus ordinaires peuvent devenir des cibles stratégiques, avec des conséquences directes sur l'économie, la sécurité alimentaire et la vie quotidienne des populations.