Port-au-Prince, 20 octobre 2026. Dans un avis au public signé par son gouverneur, Ronald Gabriel, la BRH souligne que les cybermenaces ont progressé de façon sans précédent depuis cinq ans, dans la région comme à l'échelle mondiale. Les banques et autres institutions financières sont des cibles particulièrement sensibles, en raison des données confidentielles qu'elles détiennent et de leur rôle dans les transactions. Haïti n'y échappe pas.

Pas de négociation avec les cybercriminels

Le point central de l'avis concerne les attaques accompagnées d'une demande de rançon. La BRH précise qu'elle n'autorise aucune institution financière à négocier avec les auteurs d'une intrusion qui réclameraient de l'argent. Cette position vise notamment les rançongiciels, qui bloquent l'accès aux données ou aux infrastructures d'une organisation pour exiger une rançon en échange de leur restitution.

Selon la banque centrale, la réponse doit passer par l'activation des plans de contingence et de continuité des activités, et non par des discussions avec les pirates. Elle recommande aussi des analyses forensiques pour comprendre les circonstances de l'incident, repérer les failles exploitées et renforcer les protections.

Les données des clients en jeu

Une intrusion peut exposer des informations personnelles et bancaires, perturber les transactions électroniques, interrompre des services et ébranler la confiance des usagers. La BRH rappelle que le secteur financier haïtien est soumis à des exigences de fiabilité et de sécurité des systèmes d'information, et qu'elle veille, dans sa mission de surveillance, à ce que les institutions protègent les données de leur clientèle.

Une attention accrue depuis 2023

La banque centrale dit porter une attention particulière, depuis 2023, au renforcement des systèmes informatiques des institutions financières : formation du personnel, sensibilisation aux risques numériques, adoption de technologies adaptées. Elle estime que la sécurité ne dépend pas seulement des équipements et des logiciels, mais aussi du comportement des cadres et des employés. Erreurs humaines, accès non autorisés et courriels frauduleux sont autant de portes d'entrée pour les pirates.

Un enjeu pour la stabilité financière

Dans un pays où les services bancaires, les paiements électroniques et les transferts de fonds sont essentiels à l'activité économique, une cyberattaque de grande ampleur pourrait avoir de lourdes conséquences. Une interruption prolongée des services pourrait perturber les opérations commerciales, les paiements et l'accès des clients à leurs fonds.

L'avis ne fait état d'aucune attaque récente contre une institution financière haïtienne. Il s'agit avant tout d'un rappel des exigences de sécurité et de la position de la BRH face aux demandes de rançon.