Une décision sans explication officielle
L'OFAC n'a pas précisé publiquement les raisons de ce retrait, qui intervient dans un contexte de rapprochement entre Washington et Caracas. Concrètement, les avoirs que le dirigeant pourrait détenir sous juridiction américaine sont débloqués, et les interdictions de transactions financières avec lui sont levées. Les sanctions prises par d'autres juridictions ne sont pas touchées : celles du Canada et de l'Union européenne ne sont pas automatiquement levées.
Huit ans de sanctions
Jorge Rodríguez figurait sur la liste depuis septembre 2018, sous le premier mandat de Donald Trump, dans le cadre de mesures visant de hauts responsables du régime pour des faits présumés de corruption et de répression. Il avait été sanctionné en même temps que sa sœur Delcy, la première dame Cilia Flores et l'ancien ministre de la Défense Vladimir Padrino López. À l'époque, le Trésor reprochait à Nicolás Maduro de leur avoir confié des postes clés pour l'aider à se maintenir au pouvoir et à consolider son autoritarisme.
Après Delcy, Jorge
Cette décision complète le déblocage des deux Rodríguez : Delcy avait été retirée de la liste de l'OFAC le 1er avril, trois mois après l'arrestation de Maduro. Ce jour-là, elle avait salué une étape vers la normalisation des relations entre les deux pays.
Le contexte a changé depuis janvier. L'armée américaine a capturé Nicolás Maduro et son épouse le 3 janvier à Caracas. L'administration Trump a ensuite choisi de travailler avec Delcy Rodríguez plutôt qu'avec l'opposition vénézuélienne. Washington a aussi assoupli les sanctions touchant le pétrole et les mines vénézuéliens.
Un négociateur central
Jorge Rodríguez est l'un des acteurs du dialogue en cours. Il est présenté comme un négociateur clé entre le pouvoir chaviste et l'opposition, et il agit désormais sans la contrainte des sanctions américaines. L'Assemblée nationale, dominée par le parti au pouvoir, conserve par ailleurs le contrôle institutionnel du pays.
Ce retrait de sanctions s'inscrit dans la politique d'ouverture de l'administration Trump envers l'équipe dirigeante de Caracas. Reste à voir si Washington poursuivra le mouvement pour d'autres figures de l'entourage chaviste.
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