Asunción, 6 novembre 2026. — Le président paraguayen Santiago Peña a annoncé sa décision de quitter le pouvoir dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, invoquant la nécessité de préserver la stabilité du pays et la paix sociale.
Cette annonce intervient après la mise sous administration de Ueno Bank par la Banque centrale paraguayenne, en raison de graves problèmes financiers.
Près de trois millions de clients touchés
La crise a éclaté lorsque les autorités financières ont pris le contrôle de Ueno Bank, entraînant le blocage des comptes et des opérations bancaires.
Des milliers de familles, de travailleurs et de retraités se sont retrouvés dans l'incapacité d'accéder normalement à leurs économies.
La situation a provoqué des manifestations à Asunción, où des citoyens ont réclamé le remboursement de leurs dépôts et la mise en cause des responsables.
L'affaire a également soulevé des interrogations sur les liens passés du président avec le groupe propriétaire de la banque. Santiago Peña avait détenu des participations dans ce groupe jusqu'en 2025, mais conteste avoir commis des irrégularités.
Une démission qui ne met pas fin à la crise
Malgré l'annonce présidentielle, la démission n'a pas immédiatement entraîné le départ officiel de Santiago Peña.
Le Parlement a poursuivi la procédure de destitution, tandis que le président a demandé, vendredi 6 novembre, un délai supplémentaire de 72 heures pour préparer sa défense.
Cette situation entretient l'incertitude sur l'issue de la crise institutionnelle.
Une enquête judiciaire et une procédure de destitution
La Chambre des députés a approuvé à l'unanimité l'ouverture d'une procédure de destitution contre Santiago Peña. Le Sénat doit désormais examiner les accusations.
Parallèlement, le parquet paraguayen a ouvert plusieurs enquêtes portant notamment sur la surveillance bancaire, la gestion de la faillite et le placement de fonds publics dans l'établissement.
Le président affirme vouloir coopérer avec les enquêteurs et défendre sa position devant les institutions compétentes.
Qui pourrait lui succéder ?
En cas d'acceptation de sa démission ou de destitution, le vice-président Pedro Alliana devrait lui succéder conformément à la Constitution paraguayenne, afin d'achever le mandat présidentiel prévu jusqu'en 2028.
La crise reste donc ouverte, tant sur le plan institutionnel que financier.
La démission annoncée de Santiago Peña ne constitue pas encore une transition présidentielle effective. Selon les dernières informations de l'Associated Press, le Parlement a refusé de donner immédiatement suite à sa demande et privilégie la procédure de destitution.
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