Une décision après l'enlisement des discussions

La délégation iranienne se trouvait aux États-Unis dans le cadre de la 81e Assemblée générale de l’United Nations. Le président iranien Masoud Pezeshkian avait quitté New York après son intervention, mais son ministre des Affaires étrangères était resté afin de poursuivre des contacts diplomatiques indirects avec Washington.

Ces discussions, menées notamment par l'intermédiaire du Qatar, portaient sur plusieurs dossiers majeurs : la situation dans le détroit d'Ormuz, les moyens de mettre fin au conflit et la possibilité de reprendre les négociations sur le programme nucléaire iranien.

Selon les responsables américains interrogés par AP, les échanges du week-end avec les médiateurs qataris n'ont produit que peu de progrès. Rubio aurait alors demandé lundi à Araghchi et à son équipe de quitter New York immédiatement. La délégation iranienne est partie dans les premières heures de mardi.

Washington et Téhéran donnent deux versions différentes

L'affaire fait toutefois l'objet d'une contestation diplomatique importante.

Du côté américain, un responsable cité par Axios affirme que Washington considérait que les responsables iraniens avaient prolongé leur présence alors que les réunions de haut niveau de l'Assemblée générale étaient terminées.

Mais la mission iranienne auprès de l'ONU rejette catégoriquement l'idée d'une expulsion ou d'un départ anticipé imposé par Washington.

Selon Téhéran, la délégation devait déjà quitter New York lundi soir et ce calendrier avait été communiqué au Département d'État américain dès le 17 septembre. La représentation iranienne accuse ainsi Washington de présenter comme une expulsion ce qui aurait été un départ prévu à l'avance.

Une source citée par Axios reconnaît par ailleurs qu'Araghchi avait déjà prévu de repartir lundi soir, ce qui laisse subsister une divergence sur la portée concrète de l'ordre américain. 

Une séquence diplomatique particulièrement tendue

L'incident survient alors que les tentatives de médiation entre les deux pays peinent à aboutir.

L'Iran a confirmé mercredi avoir reçu une réponse officielle américaine à sa dernière proposition concernant une issue au conflit, sans en dévoiler publiquement le contenu détaillé. Des médiateurs du Qatar et du Pakistan restent impliqués dans les efforts diplomatiques.

Dans le même temps, Reuters rapporte que les responsables militaires iraniens préparent des options de représailles plus importantes dans l'éventualité de nouvelles attaques contre leur territoire. Cette préparation ne signifie pas qu'une offensive a été décidée, mais illustre la persistance d'un haut niveau de tension malgré les contacts diplomatiques. 

Une rupture diplomatique qui n'est pas totale

La décision attribuée à Marco Rubio constitue donc un signal de détérioration des relations, mais elle ne signifie pas que les négociations sont officiellement rompues.

Les médiateurs qataris continuent de transmettre des propositions entre Washington et Téhéran, alors que les deux gouvernements cherchent encore à déterminer les conditions d'un éventuel compromis.

L'épisode de New York montre néanmoins à quel point les relations restent fragiles : Washington affirme avoir demandé aux Iraniens de partir après l'échec des discussions, tandis que Téhéran soutient que sa délégation est simplement repartie conformément à son calendrier.