La fermeture des routes, une source de profits
Selon le rapport S/2026/714, l’insécurité sur la RN2 a favorisé le développement de solutions de transport alternatives, notamment par voie maritime et aérienne.
Les experts indiquent que des propriétaires de barges privées facturent entre 2 500 et 5 000 dollars américains par conteneur pour un trajet entre le port de Port-au-Prince et certaines communes du Sud.
Ces coûts considérables illustrent les intérêts financiers associés à l'interruption des voies terrestres traditionnelles.
Des pressions pour empêcher la réouverture de la RN2
L'une des révélations les plus préoccupantes concerne les témoignages recueillis par les experts.
Selon le rapport, des sources ont déclaré avoir subi des pressions de la part de personnalités du monde des affaires afin de ralentir leurs initiatives visant à débloquer la RN2.
Les experts évoquent également des intérêts liés à la sécurisation de la zone portuaire de Port-au-Prince.
Ces informations soulèvent des interrogations sur le rôle que pourraient jouer certains acteurs économiques dans le maintien d'une situation dont ils tireraient profit.
Des policiers également concernés
Le rapport indique que certains policiers assurent la sécurité des barges privées empruntant les voies maritimes alternatives et recevraient des rémunérations importantes de leurs propriétaires.
Les experts évoquent plus largement des policiers et des hommes d'affaires qui exploiteraient l'instabilité sécuritaire, notamment les blocages routiers, pour générer des revenus illicites.
Des ramifications politiques
Au-delà des intérêts commerciaux, le Groupe d'experts décrit des relations persistantes entre des gangs et certains acteurs politiques, économiques et sécuritaires.
Ces réseaux contribueraient à maintenir les capacités des groupes armés, même lorsque des opérations policières permettent de reprendre certains territoires.
Le rapport ne démontre toutefois pas que l'ensemble de ces acteurs politiques participe directement au blocage des routes nationales.
Une population prise au piège
Pendant que certains acteurs bénéficieraient financièrement des circuits de transport alternatifs, les populations continuent de subir les conséquences des routes bloquées.
Les difficultés d'approvisionnement, l'augmentation des frais de transport, les risques d'enlèvement et les restrictions de circulation aggravent les conditions de vie des citoyens.
Le rapport souligne que le rétablissement de la circulation ne dépend pas uniquement des opérations de sécurité. Il nécessite également de s'attaquer aux réseaux financiers et aux intérêts qui entretiennent l'économie de l'insécurité.
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