Port-au-Prince, 24 octobre 2026. — C'est désormais une démarche officielle : Michel Joseph Martelly, qui a dirigé Haïti de mai 2011 à février 2016, entend briguer un nouveau mandat présidentiel.
Vendredi, l'ancien président s'est rendu au Bureau électoral départemental (BED) de l'Ouest I, situé sur la route de Frères, pour déposer les pièces justificatives de sa candidature.
Une foule de partisans l'accompagnait, provoquant d'importantes perturbations de la circulation dans plusieurs secteurs de Pétion-Ville.
Une candidature annoncée depuis plusieurs semaines
Le retour électoral de Michel Martelly se préparait depuis plusieurs semaines.
Le 16 octobre, son nom figurait déjà parmi les personnes inscrites sur la plateforme électronique du Conseil électoral provisoire (CEP), sous les couleurs de DEBLOKE.
Le dépôt physique de son dossier, le 23 octobre, constitue donc une nouvelle étape dans la procédure.
Toutefois, l'enregistrement et le dépôt des pièces ne signifient pas que sa candidature a été définitivement validée. Le CEP doit encore examiner la conformité des documents et déterminer la recevabilité du dossier.
Un retour politique malgré les sanctions internationales
La candidature de Michel Martelly intervient dans un contexte particulièrement sensible.
L'ancien président figure sur plusieurs listes de sanctions internationales. En août 2024, le département américain du Trésor lui a imposé des restrictions pour son implication présumée dans des activités liées au trafic international de stupéfiants.
Le Canada avait déjà pris des mesures contre lui en novembre 2022.
En décembre 2025, l'Union européenne l'a également sanctionné, lui reprochant notamment d'avoir financé et soutenu plusieurs groupes armés opérant en Haïti.
Ces sanctions soulèvent des interrogations politiques et juridiques autour de son retour électoral. Elles ne constituent cependant pas, à elles seules, une décision du CEP rejetant sa candidature.
Des élections toujours entourées d'incertitudes
Le retour de Michel Martelly intervient alors qu'Haïti tente d'organiser ses premières élections nationales depuis plusieurs années.
Initialement envisagé pour le 13 décembre 2026, le scrutin reste entouré d'incertitudes en raison de la dégradation des conditions sécuritaires et des difficultés rencontrées dans la préparation du processus électoral.
Le CEP a notamment annoncé un réaménagement du calendrier, sans qu'une nouvelle date définitive soit établie dans les informations consultées.
D'autres personnalités politiques ont également entrepris des démarches pour participer à la présidentielle, notamment l'ancien président provisoire Jocelerme Privert et l'ancien Premier ministre Claude Joseph.
Le CEP devra se prononcer sur la recevabilité du dossier
Avec ce dépôt, Michel Martelly confirme sa volonté de revenir à la tête de l'État, plus de dix ans après son départ du pouvoir.
Sa participation effective dépendra toutefois de l'examen de son dossier par les autorités électorales compétentes.
L'ancien président est donc officiellement engagé dans les démarches de candidature, mais il n'est pas encore possible d'affirmer que sa participation au scrutin a été définitivement agréée.
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