Ce que contiendraient les documents
D'après l'analyse de Fuites Infos, l'archive se compose en grande partie de documents de l'instance dirigeante de l'obédience : circulaires adressées aux loges, comptes rendus de séances, comptes annuels, rapports d'activité, agendas et discours. La plupart de ces pièces ne sont pas publiées sur le site du GODF.
Une autre analyse, menée par FrenchBreaches, a examiné 727 fichiers PDF représentant 9 069 pages. Elle relève des comptes rendus, des dossiers financiers et des données personnelles, notamment des noms, des adresses électroniques, des numéros de téléphone et des adresses postales.
Une revendication, pas encore une intrusion prouvée
Selon Fuites Infos, l'auteur de la diffusion se réclame de deux groupes hacktivistes. FrenchBreaches cite le groupe LunarisSec. Le même site précise qu'aucun élément technique disponible ne permet de confirmer une intrusion dans les systèmes informatiques du Grand Orient. Des fichiers authentiques peuvent circuler sans qu'on puisse prouver qu'il y a eu piratage. L'origine des documents reste donc à établir.
Sur la réaction de l'obédience, les informations divergent selon la date. Fuites Infos indiquait que le GODF n'avait pas confirmé publiquement l'incident. FrenchBreaches rapporte plus récemment que l'organisation, informée le 5 octobre, a déposé plainte et notifié la CNIL.
Des risques concrets pour les personnes concernées
Dans un tel contexte, l'appartenance à une obédience relève de la vie privée, et sa divulgation peut exposer à des pressions ou à du harcèlement. Fuites Infos met aussi en garde contre l'hameçonnage : des coordonnées exposées permettent de rédiger des messages frauduleux très crédibles, envoyés au nom du Grand Orient de France. Les membres sont invités à se méfier des courriels inattendus qui leur demandent des informations ou un clic sur un lien.
Ce n'est pas la première alerte pour l'obédience. En 2016, une quantité de données avait déjà été piratée, notamment un fichier de plusieurs milliers d'adresses électroniques et des coordonnées d'adhérents, selon une lettre interne de l'époque.
Le GODF doit encore préciser l'ampleur de l'incident. La CNIL peut instruire le dossier, ce qui suppose notamment de déterminer d'où proviennent les documents et qui peut y accéder.
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