Selon les éléments du rapport relayés ce mardi, les experts affirment que Rosemila Petit-Frère aurait entretenu « de longue date » des relations avec des chefs de gangs et leur aurait apporté un soutien financier et logistique. Elle aurait également joué un rôle d’intermédiaire entre certains groupes armés et des acteurs issus des milieux politique, économique et sécuritaire. Les informations relatives à ces relations auraient été corroborées par deux États membres de l’ONU.
Des contacts avant la formation de Viv Ansanm
Le rapport s'intéresse notamment aux mois ayant précédé la constitution de Viv Ansanm en septembre 2023. Les experts font état de communications entre Petit-Frère et Jean Gardy, alias « Pece Pim Pim », présenté comme le chef de Krache Dife, ainsi qu’avec Renel Destina, alias « Ti Lapli », chef de Grand Ravine. L’ONU indique officiellement que Viv Ansanm est née en septembre 2023 de l'alliance des principales factions de gangs G-9 et G-Pèp, avant d'être réactivée en février 2024.
Plus grave encore, le Groupe d’experts affirme que Petit-Frère aurait transmis à trois reprises à Ti Lapli des informations confidentielles concernant des opérations imminentes de la Police nationale d’Haïti contre Grand Ravine et d’autres groupes armés.
Des rapports confidentiels de la police évoqués
Les experts font également état de communications avec Prophane Victor et Magalie Habitant. Selon leurs conclusions, Petit-Frère aurait bénéficié de contacts avec des policiers corrompus pour obtenir des rapports d’enquête confidentiels concernant notamment ces deux personnalités, avant de leur transmettre ces informations.
Le rapport affirme par ailleurs que ses relations avec certains membres de la police lui auraient permis d’obtenir des contrats de fourniture d’uniformes sans procédure concurrentielle ni mécanismes de contrôle suffisants.
Des mouvements financiers également examinés
L’enquête des experts ne se limite pas aux relations présumées avec les gangs. Elle examine également des opérations financières et affirme qu’une partie de fonds détournés aurait bénéficié à Petit-Frère, tandis qu’une autre aurait été transférée à Jean Gardy et à des membres de son groupe armé. Les experts évoquent également l'utilisation présumée de trois entreprises enregistrées en Haïti dans des opérations de blanchiment.
Rosemila Petit-Frère conteste les accusations
Rosemila Petit-Frère rejette les constatations formulées à son encontre. Le Groupe d’experts indique avoir examiné les informations qu’elle lui a communiquées avant de décider de maintenir ses conclusions.
Il convient toutefois de distinguer ces conclusions d’une décision judiciaire : les éléments contenus dans le rapport constituent les constatations et allégations du Groupe d’experts et ne valent pas, à eux seuls, condamnation pénale de Rosemila Petit-Frère.
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