73 milliards pour la sécurité et la défense

Les 73 milliards de gourdes, soit environ 18 % de l’ensemble du budget, sont attribués aux ministères de la Justice et de la Défense. Cette enveloppe doit notamment couvrir les dépenses liées à la Police nationale d’Haïti (PNH) et aux Forces armées d’Haïti (FAd’H) : salaires et charges, carburant, équipements, maintenance, logistique, alimentation et moyens de communication.

Cette orientation intervient alors que l’insécurité demeure l’un des principaux défis du pays et affecte aussi bien les déplacements de la population que les activités économiques.

Le gouvernement prévoit également de poursuivre le programme P-4000, qui vise le recrutement et la formation de 4 000 nouveaux policiers. L’exécutif affiche parallèlement l’objectif de porter les effectifs des FAd’H à 15 000 militaires sur trois ans. Une partie des ressources doit également servir à l'acquisition de matériels pour la PNH et à la construction d'un centre carcéral.

8,6 milliards pour le processus électoral

Le deuxième grand axe concerne les élections et le rétablissement du fonctionnement régulier des institutions.

Une enveloppe de 8,6 milliards de gourdes est prévue pour les dépenses exceptionnelles liées aux activités électorales et au soutien aux partis politiques. À titre de comparaison, 5,9 milliards de gourdes avaient été inscrits à ce titre dans le budget rectificatif 2025-2026. L'augmentation atteint donc 2,7 milliards de gourdes. 

Des crédits sont également prévus pour le fonctionnement des institutions qui devraient être renouvelées à l'issue du processus électoral, notamment le Parlement et la Présidence.

168,58 milliards pour les dépenses de capital

Au-delà de la sécurité et des élections, le budget entend soutenir la relance de l'activité économique et les investissements publics.

Sur les 401,2 milliards de gourdes, environ 232,62 milliards sont destinés aux dépenses courantes et 168,58 milliards aux dépenses de capital. Les salaires et traitements représentent à eux seuls 121,61 milliards de gourdes, tandis que 77,85 milliards sont prévus pour les biens et services.

Les programmes et projets bénéficient d'environ 147 milliards de gourdes.

Comment l'État compte financer les 401,2 milliards

Le financement constitue un autre élément important du nouveau budget.

Les ressources domestiques sont estimées à 262,9 milliards de gourdes, dont 187,49 milliards de recettes internes et 72,51 milliards de recettes douanières. Le gouvernement prévoit également 89,77 milliards de gourdes de dons, principalement destinés au financement de projets. 

Un financement complémentaire de 48,53 milliards de gourdes est envisagé, comprenant notamment 35,18 milliards de bons du Trésor et 4,2 milliards d'emprunt auprès de la Banque de la République d'Haïti (BRH). 

De l'allocation à l'exécution

Les chiffres permettent désormais de mieux mesurer les choix budgétaires du gouvernement : la sécurité et la défense représentent environ 18 % de l'enveloppe totale, tandis que des ressources supplémentaires sont mobilisées pour accompagner le processus électoral.

L'enjeu sera toutefois celui de l'exécution effective du budget. Les montants votés constituent des autorisations de dépenses et ne signifient pas nécessairement que l'intégralité des crédits sera effectivement décaissée ou exécutée.

Pour l'exercice 2026-2027, la capacité de l'État à mobiliser les recettes prévues et à transformer les allocations consacrées à la sécurité, aux élections et aux investissements en résultats concrets constituera donc un indicateur essentiel de la mise en œuvre de ce budget.