Le rythme des révocations s'est nettement accéléré. Le 10 août, les autorités évoquaient plus de 175 000 visas annulés : en un peu plus de deux mois, au moins 125 000 révocations se sont donc ajoutées. Selon Reuters, cette hausse reflète une politique fondée sur des contrôles renforcés et une surveillance accrue des étrangers.

La sécurité nationale en avant

Le département d'État justifie ces annulations par des infractions pénales, des fraudes migratoires, des violations des conditions de séjour et des menaces potentielles pour la sécurité du pays. Son porte-parole, Tommy Pigott, a réaffirmé la « tolérance zéro » de l'administration envers les étrangers qui enfreignent la loi américaine. Plus de 4 000 révocations concernent le « tourisme de naissance », qui consiste à se rendre aux États-Unis pour y accoucher afin que l'enfant obtienne la citoyenneté américaine.

Les défenseurs des droits s'inquiètent

Associations de soutien aux migrants et organisations de défense des droits humains pointent la surveillance des réseaux sociaux, la prise en compte de certaines opinions politiques et le manque de garanties procédurales pour les personnes visées. Plusieurs révocations liées à des prises de position publiques ont relancé le débat sur la liberté d'expression. Ces organisations craignent aussi des discriminations et un climat d'incertitude pour les communautés étrangères. L'administration répond que ces contrôles préviennent les abus et protègent la population.

Et les Haïtiens ?

Depuis le 1er janvier 2026, Haïti fait partie des pays visés par une suspension de la délivrance de visas américains, avec quelques exceptions. Cette suspension n'annule pas pour autant les visas déjà valides : le département d'État précise qu'ils ne sont pas révoqués du seul fait de cette mesure. Le nombre de ressortissants haïtiens touchés par les 300 000 révocations n'a pas été communiqué. Il est donc prématuré d'affirmer que des milliers de visas haïtiens ont été annulés.

Un enjeu des élections de mi-mandat

L'annonce tombe quelques semaines avant les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, alors que l'immigration reste un point de friction majeur entre républicains et démocrates. Cette politique se heurte aussi aux tribunaux : en août, une juridiction fédérale a invalidé la suspension des visas d'immigrant pour les ressortissants de 75 pays. La portée réelle des mesures dépendra des situations individuelles, des catégories de visas et des décisions de justice.