Port-au-Prince, 22 octobre 2026. — Le Conseil électoral provisoire poursuit ses consultations avec les différents acteurs de la vie nationale en vue de réaménager le calendrier des prochaines élections générales.

Entamées le 19 octobre, ces discussions réunissent des représentants de formations politiques, de regroupements et de la société civile. Elles doivent permettre à l'institution électorale de recueillir les préoccupations et recommandations des parties prenantes avant de déterminer les prochaines échéances du processus.

Un nouveau calendrier attendu avant la fin d'octobre

Le CEP envisage de publier une version actualisée du calendrier électoral avant la fin du mois d'octobre 2026. Cette démarche intervient alors que la date initialement prévue pour le scrutin du 13 décembre suscite de fortes interrogations.

L'institution souhaite notamment éviter une nouvelle prolongation de la période d'inscription des candidats, déjà reportée à plusieurs reprises.

Les discussions portent également sur les modifications du décret électoral et les contraintes susceptibles de compromettre le respect des échéances.

À ce stade, aucune nouvelle date de scrutin n'a été officiellement annoncée.

L'insécurité demeure un obstacle majeur

La situation sécuritaire constitue l'une des principales difficultés auxquelles se heurte l'organisation des élections.

Le contrôle de certains territoires par des groupes armés, les restrictions de circulation et les déplacements de populations soulèvent des préoccupations concernant l'accès des électeurs aux centres de vote, la sécurité du personnel électoral et le déploiement du matériel.

Dans ce contexte, la définition d'un nouveau calendrier ne dépend pas uniquement de décisions administratives. Elle suppose également une évaluation des conditions nécessaires à la tenue d'un scrutin accessible, sécurisé et crédible.

Le CEP a d'ailleurs abordé les questions de sécurité et d'échéances électorales lors d'une rencontre avec le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et des représentants de la communauté internationale, selon une note officielle datée du 18 octobre.

Des ajustements déjà apportés au processus électoral

Le 5 octobre, le CEP avait annoncé plusieurs modifications au calendrier initial, notamment la prolongation jusqu'au 31 octobre de la période d'inscription en ligne des candidats et du dépôt des pièces requises.

La campagne électorale avait également été reportée, dans l'attente de nouvelles dispositions.

Ces changements font suite aux consultations engagées avec les acteurs politiques et aux modifications apportées au décret électoral.

Malgré ces réaménagements, l'institution poursuit certaines activités préparatoires, notamment le recrutement et la formation d'agents de sécurité électorale ainsi que les actions de sensibilisation à l'inscription des électeurs.

La crédibilité du processus au centre des préoccupations

Au-delà de la fixation de nouvelles dates, les consultations soulèvent la question de la confiance des acteurs politiques et de la population dans le processus électoral.

Les discussions autour des conditions d'éligibilité, des dispositions du décret électoral et de la participation de certaines personnalités faisant l'objet de sanctions internationales alimentent également les débats.

Le CEP devrait poursuivre ses échanges avec les autorités gouvernementales avant d'arrêter les prochaines échéances.

L'annonce d'un nouveau calendrier constituera une étape importante dans les préparatifs électoraux. Toutefois, sa mise en œuvre dépendra notamment de l'évolution de la situation sécuritaire, des capacités logistiques et de la participation des acteurs concernés.

Pour l'heure, la principale inconnue demeure la date à laquelle les Haïtiens pourront effectivement retourner aux urnes, alors que le pays cherche à sortir d'une transition politique prolongée.