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Le kidnapping en Haïti : entre irresponsabilité de l’Etat, vérité et propagande.

7 février 2001, le président Aristide est arrivé au pouvoir en Haïti. Il est reconnu dans l’histoire de cette génération comme le pionnier de l’armement de la population à travers un mouvement dénommé ‘’ brigade de la vigilance’’. Un an et quelques mois plus tard, des mobilisations contre ce régime se font sentir et ne cesse de s’amplifier sur le béton.

Ces mobilisations ont accouchées une insécurité criante car les sympathisants, partisans et militants du régime ne sont pas restés indifférents face à ces mobilisations dans lesquelles les gens réclamaient le départ du président.
Ainsi ils se sont érigés en force de répressions agissant de manière parallèle avec la police.

Entre temps un nouveau phénomène fait surface ‘’ LE KIDNAPPING ‘’, Ce dernier consiste à séquestrer une personne et demander une rançon contre sa libération.

Après le départ forcé du président le 27 février 2004, le phénomène ne cesse de s’accroitre. Il aura fallu attendre l’arrivée de René Garcia Préval au pouvoir pour diminuer la montée de ce fléau. Ce dernier étant aidé par les forces onusiennes présentes sur le territoire à l’époque, il a déclaré ‘’si yon moun pa vle depoze zam ki nan men li an lap mouri’’.

Après le tremblement de terre, avec le déplacement de plusieurs milliers de sans-abris, créant subséquemment des bidonvilles, le phénomène du kidnapping refait surface et l’on assistait à des cas répétitifs. La police Nationale d’Haïti a, par conséquent déployé tous ses efforts pour démasquer l’un des plus grands réseaux de Kidnapping ayant à sa tête l’un des hommes d’affaires du secteur privé haïtien, en l’occurrence Clifford Brandt. Depuis, le phénomène a connu une longue période de pause.

Sous la présidence de Jovenel Moise, alors que la population revendique de meilleures conditions de vie, exige des redditions de comptes sur les fonds du Petrocaribe et réclame le départ du président, l’insécurité atteint son apogée.
Du mois de Janvier à date, on assiste à la recrudescence de ce phénomène et on en compte déjà plusieurs victimes.

Nous avons eu l’occasion de discuter avec quelques victimes qui préfèrent garder l’anonymat. Certains disent qu’ils ont été bien traité, et d’autre non. L’un des victimes un jeune homme nous raconte sa mésaventure .Il nous a fait savoir qu’il était détenu dans un quartier populaire en se fiant aux bruits entendu dans les environs du lieu de sa séquestration, qu’on lui donne à boire 3 fois par jour et de la nourriture deux fois, ils dormaient, les mains ligotées, par terre lui et deux autres personnes trouvées sur les lieux. Après 2 jours dans cet enfer, ses parents, amis et proches de la famille ont réussi à collecter les soixante mille dollars haïtien et les mille dollar us, rançon revendiquée par les ravisseurs. Ce jeune nous a fait savoir que ces 2 jours resteront gravés dans sa mémoire car il a connu l’enfer sur terre. Il était terrifié car les ravisseurs n’ont pas cessé de lui dire ‘’si yo pa pote kob la avan 3 jou se sou pil fatra yo pral jwenn ou pandan kochon ap manje w’’.

Auparavant les kidnappeurs avaient des cibles précises mais aujourd’hui ils enlèvent de façon aléatoire, d’où la panique totale au sein de la population.

D’un côté, on assiste à l’inaction du président qui est le garant de la bonne marche des institutions, responsable de la sécurité de chaque citoyen et en de terme plus simple le responsable du bien-être de la population. On assiste aussi à l’inaction du chef du conseil supérieur de la police nationale ‘CSPN’ qui est aussi responsable de la sécurité de la population.
En guise d’assumer leur responsabilité le porte-parole de la police a déclaré sur les ondes de l’une des radios de la capitale que le kidnapping n’est pas réel et qu’il s’agit de rumeurs alors que les parents amis et proches de certains victimes ne cesse de se plaindre sur les réseaux et dans les medias. Le Premier ministre, le DG de la PNH n’ont jusqu’ à date fait sortir aucune note concernant le kidnapping, alors que la population ne sache à quel saint se vouer. Le président de la république qui a la fâcheuse habitude de tweeter sur toutes les situations n’a jusqu’ à date fait aucune déclaration et même pas un tweet sur ce sujet.

De l’autre côté, il y a les gens qui ne cessent pas de faire circuler de fausses annonces d’enlèvements. Ce phénomène met déjà la population dans une psychose de peur face à la recrudescence de ce fléau, on n’arrive pas à comprendre l’intérêt de ces rumeurs qui ne font que paniquer d’avantage la population.

Nous sachons tous les conséquences néfastes du stress sur la santé mentale et physique des gens. Ceux qui font circuler ces nouvelles n’ont pas conscience ou du moins ne mesure pas l’ampleur des effets négatifs que peuvent avoir ces rumeurs sur les proches des gens annonces à tort comme kidnappé.

À quoi sert l’état en Haïti ? Nous vivons dans une insécurité généralisée. Pourquoi est-ce que l’on se résigne à vivre comme des gentils animaux que l’on amène à l’abattoir en attendant chacun son tour. A quoi sert l’argent de nos taxes sinon qu’à enrichir les poches des politiciens. Nous devons nous organiser et exiger a l’Etat de prendre ses responsabilités on ne peut pas vivre dans de pareilles conditions. Tous ensembles, nous devons nous unir et forcer l’état à prendre ses responsabilités car personne n’est exempt de l’insécurité.

                                                                                                                                       JEAN Evenx
                                                                                                                                      ( Casanova )

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